Les modes de vie européens risquent de ne pas survivre à la catastrophe écologique, alerte la septième édition du rapport sur l’état de l’environnement en Europe, publié par l’Agence européenne de l’environnement (AEE) lundi 29 septembre.
L’agence dresse, comme tous les cinq ans, un vaste panorama de l’état des écosystèmes et de leur protection, à partir de l’analyse de données de 38 pays du continent. Le qualifier d’inquiétant serait un euphémisme. Qualité des sols, de l’eau, pollution, risques climatiques et sanitaires… Les voyants sont globalement au rouge.
80 % des habitats protégés dans un état « médiocre ou mauvais »
Le rapport révèle que 80 % des habitats protégés sur le continent européen sont dans un état « médiocre ou mauvais ». Certes, l’étendue de ces zones a progressé au cours de la dernière décennie : en 2022, 26 % des terres et 12 % des mers européennes étaient protégées. « Mais désigner des aires de conservation ne garantit pas que la biodiversité y est efficacement protégée », rappelle l’agence. En France, notamment, les aires marines protégées restent massivement ouvertes à la pêche industrielle et aux techniques de pêche les plus néfastes.
Côté forêts, le tableau n’est guère plus reluisant : ce puits de carbone terrestre de l’Union européenne a diminué d’environ 30 % par rapport à la dernière décennie, constatent les auteurs du rapport. Un effondrement qu’ils expliquent « par une combinaison de facteurs », notamment l’abattage « plus fréquent et étendu » des arbres, ainsi que la multiplication des incendies, des épisodes de sécheresse, et la présence accrue de ravageurs (par exemple les scolytes).
Sols dégradés, déclin des pollinisateurs : la faute à l’agriculture intensive
L’agence relève également que 60 à 70 % des sols européens sont dégradés. Les ressources en eau sont elles aussi…
Auteur: Hortense Chauvin

