L’Europe tentée par le durcissement des politiques migratoires

La Suède, le Danemark, l’Irlande, l’Allemagne : autant de pays qui, en Europe, se sont longtemps distingués par leur politique d’accueil, confiants dans leur capacité à intégrer les migrants grâce à une politique sociale généreuse. Mais depuis quelques mois, le vent a tourné. À Stockholm, le gouvernement du conservateur Ulf Kristersson, soutenu par l’extrême droite, prévoit d’introduire un plafond aux aides sociales pour les familles étrangères. Il a remplacé les permis de résidence permanents par des permis temporaires. Et pour rester dans le pays, il faudra dorénavant faire preuve d’un « mode de vie honnête et ordonné », ne pas avoir de dettes, n’avoir pas fraudé aux aides sociales, afficher un respect des valeurs démocratiques…

Le vent souffle dans la même direction en Allemagne, un pays pourtant dirigé par un chancelier social-démocrate, Olaf Scholz. À l’issue de négociation avec les Länder, le gouvernement a annoncé en novembre une réduction des aides sociales et un durcissement des conditions d’asile. Et c’est sans doute le Danemark, lui aussi gouverné à gauche, qui assume le plus ouvertement une politique dissuasive vis-à-vis des migrants : pour avoir accès aux allocations de chômage, il faut désormais avoir résidé sept ans dans le pays. Et y avoir vécu neuf ans et travaillé deux ans et demi pour bénéficier de prestations sociales. Sans cela, un migrant n’a droit qu’à un minimum de subsistance.

« Préserver l’État providence »

C’est à partir de 2015 que la première ministre Mette Frederiksen a engagé son parti social-démocrate dans un virage idéologique : « Pour les refondateurs danois, la social-démocratie nécessite une cohésion sociale forte. L’intégration ratée des étrangers, c’est-à-dire le repli communautaire et les flux migratoires incontrôlés, érode cette cohésion. Les sociaux-démocrates danois estiment désormais que le contrôle…

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Auteur: Alain Guillemoles et Agnès Rotivel