La pensée écoféministe est souvent considérée comme déconnectée des enjeux sociaux ou politiques. Parfois taxée d’essentialisme, elle peut être récupérée par des courants d’extrême droite qui exploitent l’idée d’un imaginaire féminin sacré pour nourrir des stéréotypes de genre, de classe et de race.
Cela fait partie du sortilège fasciste de s’emparer d’idées progressistes pour les vider de leur sens, comme l’a fait en son temps le national-socialisme, et comme l’incarne aujourd’hui Alice Weidel, dirigeante de l’AfD en Allemagne, lesbienne mariée à une femme originaire du Sri Lanka, qui prône la « remigration » des réfugié·es et détourne le slogan nazi « Alles für Deutschland » (Tout pour l’Allemagne) en « Alice für Deutschland ».
L’écoféminisme est l’un des courants les plus radicaux dans la dénonciation simultanée des deux facettes du système « mâle » : le capitalisme et le patriarcat.
Le fémonationalisme fait partie de ce courant qui pense pouvoir réserver la liberté de vivre et d’aimer à une catégorie de personnes privilégiées, tout en la refusant à d’autres : qu’elles soient palestiniennes, juives, musulmanes, lesbiennes ou trans, malades ou porteuses de handicap, grosses, pauvres ou vieilles, les non-blanches, les non-conformes doivent mourir ou s’entretuer pendant que l’élite se partage les profits en siégeant dans les conseils d’administration. Et ceci est valable pour tout : l’air qu’on respire, l’eau qu’on boit, la nourriture et le confort – jusqu’aux terres du Chili que les super riches achètent, paraît-il, pour s’y réfugier en cas d’effondrement.
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Contrairement au reproche qui lui est…
Auteur: Élise Thiébaut

