Champagne-au-Mont-d’Or (Rhône), reportage
De la dentelle, des perroquets, des citrons, la tour Eiffel. Les étagères de l’atelier de Véra Pilo dans la banlieue lyonnaise regorgent d’éventails aux couleurs chatoyantes. Des modèles en bois de poirier côtoient des essences plus exotiques en bubinga et kotibé. Véra Pilo attrape l’un d’entre eux, l’ouvre et le referme avec dextérité avant de s’éventer nonchalamment. « Plutôt que de mettre la climatisation, on peut s’éventer avec un objet qui ne pollue pas », s’exclame la souriante sexagénaire.
Dans les transports en commun, aux terrasses des cafés, dans les files d’attente… L’éventail est l’accessoire low-tech par excellence pour affronter les chaleurs. Il est l’antithèse des clim’ énergivores et autres miniventilateurs portables. Une solution écologique, alors que les canicules sont plus fréquentes et intenses en raison du réchauffement climatique.
C’est la « clim’ écolo qu’il vous faut », scande même Véra Pilo, qui détient une marque d’éventails éponyme. Cette ancienne publicitaire s’est lancée dans cet accessoire durant la canicule de 2003. D’origine espagnole, elle avait l’habitude de voir sa famille en utiliser et s’étonnait qu’ils soient absents des poignets français. Depuis, la marque vend près de 30 000 éventails chaque année à partir de 33 euros. Avec trois salariés, elle affiche une croissance insolente : près de 46 % ces derniers mois.
« Avec cette canicule précoce, on entendait Shopify [une plateforme de commerce électronique] sonner toutes les deux secondes [pour des commandes] », dit Véra Pilo, qui travaille avec son mari ainsi qu’une personne aux réseaux sociaux. Mi-juillet, ils avaient déjà « dû faire du réassort des boutiques partenaires ».
Elle n’est pas la seule à profiter de cet engouement. La maison Duvelleroy, fondée en 1827 et relancée en 2010, le constate…
Auteur: Laury-Anne Cholez

