Sur les bords de la Garonne et de l’Ariège, de jolis plans d’eau bucoliques peuplés d’oiseaux se succèdent. Ces lacs sont des gravières qui ne sont plus exploitées et cette eau est celle de l’une des plus belles nappes phréatiques des Pyrénées. Aujourd’hui, les associations estiment que 850 hectares de nappe phréatique sont visibles en Ariège.
Une étude du BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières) de 2013 évalue que, pour 100 ha, l’évaporation est de 1 million de mètres cubes par an. Soit l’équivalent de 15 % de la consommation annuelle d’eau de Toulouse Métropole.
Dans les années 2000, les carriers et entreprises du BTP suggèrent d’utiliser un arrêté préfectoral de 1994 qui autorise l’enfouissement des déchets du BTP dans les anciennes gravières. Mais, dans un contexte de réchauffement climatique et de sécheresse, mettre la poussière sous le tapis n’apparaît pas comme la meilleure des solutions au collectif Stop gravières* depuis mars 2023.
La démonstration est sans appel : les déchets dits inertes ne le sont plus quand ils sont au contact de l’eau. La pollution induite se propage jusqu’aux stations de pompage et les terres « regagnées » sur les anciennes gravières deviennent infertiles.
En outre, l’eau de la nappe, dérangée, emprunte d’autres chemins et fait défaut dans certains points de pompage. Sur toute la vallée, les eaux superficielles qui circulaient dans ces cours d’eau sont comme aspirées par la nappe dont le niveau est très bas aujourd’hui.
Une excavatrice sur une gravière, à Saverdun en Ariège. L’eau de la nappe phréatique, peu profonde ici s’est infiltrée dans la gravière.
Face aux agriculteurs, à certains élus et aux militants, les préfectures, les départements, des communes et la Région persistent, car l’influence des géants du BTP se fait sentir. Dans les années 1940, deux gravières suffisaient en Ariège pour aménager…
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Auteur: Valérie Lassus

