Pesticides et suicides
Plus l’utilisation de pesticides est intensive à l’échelle départementale, plus le risque de tentative de suicide est élevé, selon une étude française réalisée auprès des affiliés de la Mutualité sociale agricole (MSA), qui incluent notamment exploitants et salariés agricoles.
Ces travaux, menés par des chercheurs de l’université de Poitiers, du CNRS et du centre hospitalier Henri Laborit de Poitiers, ont fait l’objet d’une publication dans la revue BMC Public Health.
« Les données de Santé publique France montrent qu’il existe un surrisque de mortalité liée au suicide dans les populations agricoles, en particulier parmi les exploitants agricoles », indique Armand Chatard, chercheur à l’Université de Poitiers et premier auteur de l’étude, auprès de La Relève et La Peste. « Ce surrisque est retrouvé dans différents pays. »
La population agricole est exposée à de nombreux facteurs de vulnérabilité, comme l’isolement, les conditions de travail, les difficultés économiques, mais aussi les difficultés d’accès aux soins et les aléas climatiques.
« Ces facteurs de risque sont bien documentés par la MSA », souligne le chercheur. « La question que l’on s’est posé était la suivante : ce surrisque de suicide dans population agricole est-il le fait de l’addition de tous ces facteurs ou existe-t-il, en plus, un facteur spécifique à cette population ? »
Les chercheurs se sont ainsi intéressés au rôle potentiel des pesticides dans le risque suicidaire, d’autant que de nombreuses études ont mis en évidence un lien entre exposition professionnelle aux pesticides et symptômes dépressifs.
Une association significative en 2020, 2021 et 2022
« Notre étude porte sur toutes les personnes affiliées à la MSA, ce qui représente environ 5,5 millions de personnes, quasiment 10 % de la population française », précise Armand Chatard.
Les données de la MSA sur…
Auteur: Charlene Catalifaud
