À quelques semaines des Jeux Olympiques et Paralympiques, le « nettoyage social » dénoncé par les associations se poursuit. Jeudi 23 mai, le « En Gare », un squat de Montreuil où vivaient une vingtaine de personnes, a été expulsé en vertu de la loi Kasbarian du nom de l’actuel ministre du Logement, alors même qu’un délibéré était attendu le 19 juin pour juger de l’occupation des lieux. La personne coordonnant les actions de « En gare », revient pour Politis sur les raisons et les conséquences de l’expulsion.
Comment comprenez-vous cette expulsion ?
Hier matin, il y a eu une expulsion par les forces de l’ordre au « En gare » à six heures et demie du matin, avec tout un effectif de police assez conséquent. Ils sont venus pour tout casser et embarquer les habitants. Ces derniers ont été placés en garde à vue. Les forces de l’ordre sont arrivés avec une société de sécurité ainsi qu’une entreprise de démolition. Ce qui nous préoccupe le plus, ce sont les habitants expulsés sans solution de relogement. Une vingtaine de personnes qui étaient hébergées au « En Gare » se retrouvent à la rue.
La Fondation Saint-Simon, une fondation d’utilité sociale à qui appartient le bâtiment, explique qu’on avait été prévenus, ce qui est faux. Surtout, ce qu’on ne comprend pas, c’est que l’expulsion a eu lieu avant le délibéré qui devait être rendu le 19 juin. À Montreuil, il y a pas mal de squats, dont certains qui sont déjà expulsables et ne l’ont toujours pas été. Le fait que cette mesure ait été prise alors qu’une décision de justice était attendue, c’est comme si on écrasait la justice française et qu’on lui disait : « Tu ne sers complètement à rien. On n’a pas besoin de ton avis. »
En quoi ce lieu était-il un espace de mixité sociale ?
Ce lieu fédérait de nombreuses associations et des gens. On a réussi à créer…
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Auteur: Pauline Migevant

