Histoire : une même stratégie fasciste depuis les années 1930, créer des martyrs pour faire oublier sa propre violence et justifier l’anéantissement de ses opposant·es
Quelques chiffres d’abord : entre 1986 et 2021 en France, sur 53 «meurtres à caractère idéologique» recensés, 90% ont été commis par l’extrême droite. Une statistique de la chercheuse Isabelle Sommier, qui n’est jamais rappelée dans le débat public. Si l’on remonte encore quelques années plus tôt, l’extrême droite a commis beaucoup plus de meurtres : elle a créé des organisations terroristes dans les années 1950 et 1960 comme la Main Rouge ou l’OAS qui exécutaient des anticolonialistes par dizaines. Elle a commis de nombreux assassinats de maghrébins, notamment dans le sud de la France, et tué des militant·es révolutionnaires, entre autres. Aux USA, les crimes dits «extrémistes» sont encore plus nombreux, mais la proportion est sensiblement la même : 93% sont le fait de l’extrême droite.
À l’inverse, la mort de Quentin Deranque à Lyon le 14 février 2026 est le premier décès d’un militant d’extrême-droite lors d’une confrontation politique depuis 1945. Pourtant, il y a plus d’indignation et de bruit médiatique pour lui qu’il n’y en a jamais eu pour toutes les victimes de l’extrême droite. Les «martyrs» fascistes sont rarissimes, mais ils ont une importance décisive pour ce camp. L’extrême droite produit un puissant imaginaire autour de ses défunts, qui lui sert à asseoir son pouvoir, à se poser en victime, et à commettre des violences infiniment plus grandes contre ses ennemis. On vous explique.
Horst Wessel
En janvier 1930 à Berlin, une rixe éclate entre un militant nazi membre des SA nommé Horst Wessel, et des militants du parti communiste allemand, sur fond de rivalités crapuleuses. Il ne s’agit même pas d’une vraie bagarre politique, mais d’un règlement de compte sur…
Auteur: B

