Une défaite de l’AfD, vraiment ? C’est l’avis de plusieurs commentaires pour décrire l’échec du parti d’extrême droite à conquérir une présidence du canton, lors d’un scrutin local du Land de Thuringe, dans l’est de l’Allemagne. À deux doigts de l’emporter au premier tour, le candidat de l’AfD (Alternative pour l’Allemagne) a finalement fait du surplace dimanche dernier, ne recueillant « que » 47,6 % des voix face à son adversaire soutenu sans faille par le reste de la classe politique.
Pactiser avec les architectes d’une « remigration » saboterait la conquête de respectabilité de Marine Le Pen.
Ce coup d’arrêt tient à la réaction citoyenne suscitée par la bombe lâchée début janvier par Correctiv. Ce média d’investigation révélait que des membres de l’AfD, dont des cadres, se sont réunis fin novembre dans un hôtel de Postdam pour échanger avec des idéologues identitaires radicaux autour d’un projet de « remigration » : la déportation en Afrique du Nord de centaines de milliers d’étrangers, de demandeurs d’asile et de citoyens considérés comme « non assimilés ».
Bien sûr, il faut applaudir une mobilisation salutaire qui a mis quelque 1,4 million de personnes dans la rue pour dénoncer ce qu’il faut bien appeler un retour de l’idéologie nazie en plein cœur de la démocratie allemande. Pourtant, cet impensable projet n’a suscité, au niveau national, qu’un léger tassement de l’AfD, qui resterait la deuxième force politique du pays avec 21,5 % d’intentions de vote en vue des élections européennes de juin.
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L’AfD, qui a fait un semblant de ménage interne à la suite de ce déballage, peut toujours espérer…
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Auteur: Patrick Piro

