Depuis plusieurs années, nous documentons le traitement médiatique que subissent Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise. Longtemps, malgré le mépris et les coups bas, les médias s’efforçaient de leur opposer des arguments relevant encore du débat d’idées. Désormais, et singulièrement depuis le 7 octobre 2023, tout semble permis pour combattre les idées de ce mouvement politique : calomnies, injures, fake news – qui, même après avoir été « débunkées », selon le jargon imposé, continuent d’être proférées.
Le traitement des événements du 17 octobre s’inscrit pleinement dans cette fabrique de la désinformation. Lors des mobilisations sociales, les médias ont pour coutume de relayer aveuglément les informations de la préfecture (ce qu’ils n’ont pas manqué de faire), et de s’aligner sur les discours et le récit officiels. Ce suivisme se caractérise d’ordinaire par un recyclage des éléments de langage gouvernementaux visant à promouvoir telle ou telle contre-réforme en cours d’examen. Aucune n’est en jeu dans les mobilisations actuelles, mais le mécanisme demeure le même : un alignement sur le contre-feu du gouvernement qui, dans le cas présent, repose sur la diabolisation de LFI.
Un article de Mediapart daté du 19 octobre a révélé que les renseignements territoriaux avaient reçu pour consigne de déclarer LFI responsable des débordements survenus lors des mobilisations du 17 octobre. Extrait :
Un commissaire du renseignement territorial (RT) n’en revient pas : « Il y a des choses indicibles, mais quand on nous demande texto d’écrire que c’est LFI qui est derrière le mouvement alors que c’est objectivement faux de l’avis général des RT, forcément on a des décisions politiques. »
Coauteurs, avec un large spectre de la classe politique, du récit selon lequel le mouvement lycéen serait « un grand complot de LFI et de ses « proxys…
Auteur: Mathias Reymond
