©ClaireJacquin
Depuis l’apparition de La France insoumise et d’En Marche! en 2016, l’échiquier politique français connaît une transformation qui est rarement analysée par la presse généraliste : l’apparition de formations politiques qui se présentent aux élections mais refusent le nom de parti, dont le mode d’organisation diffère largement des partis existants, construits autour d’un site internet sans les habituels échelons de structures élues ni frontière juridique entre adhérents et non-adhérents.
Ces organisations qui se qualifient souvent de « mouvements » ou de « mouvements transpartisans » sont apparues à la suite d’un long déclin du nombre d’adhérents des partis politiques traditionnels, phénomène analysé en science politique par le travail des chercheurs américains Richard S. Katz et Peter Mair, aboutissant selon eux à un nouveau type de partis politiques qui prend le pas sur les partis de masse, les « partis-cartels ».
C’est en réaction à cette évolution des partis traditionnels qu’apparaissent les formes d’organisation politique que leurs fondateurs appellent des « mouvements » : ils les présentent comme un moyen de mobiliser à nouveau un soutien populaire contre des partis politiques traditionnels décrits comme dépassés. À ce titre, les transformations de la forme d’organisation que sont les partis politiques constituent un problème incontournable, pour nous, à gauche, car elles posent la question de savoir si nous avons encore des structures viables pour nous organiser en vue de prendre le pouvoir dans un but de transformation sociale.
Notre point de vue, en effet, est que nous avons besoin d’organisations qui rassemblent les catégories sociales exploitées pour arracher le pouvoir aux classes dominantes afin de changer la société en profondeur, dans un mouvement d’émancipation que nous pouvons appeler écosocialisme ou communisme. Nous prenons ici le…
Auteur: ugopalheta
