LGBT : quand le « nous » bouscule le jeu

Stonewall Inn, 28 juin 1969. Alors que la vie nocturne bat son plein dans ce bar gay de New York, un raid policier interrompt les festivités. À cette époque, « l’atteinte à la pudeur » interdit à deux personnes de même sexe de danser ensemble. Mais, ce soir-là, l’interpellation habituelle prend une autre tournure : pour la première fois, les clients se rebellent contre les matraques, à coups de briques ou de bouteilles. C’est le début d’une longue série d’émeutes de la communauté LGBT contre les policiers.

Dès les années 1970, des mouvements similaires émergent à San Francisco, Londres ou Berlin, annonçant une internationalisation des luttes LGBT. Et, avec elle, la naissance d’une nouvelle fierté homosexuelle, dont la Gay Pride va devenir le symbole. « Il y a un renversement par rapport à la logique des mouvements homophiles des années 1950-1960, comme en France avec Arcadie [groupe militant homosexuel français créé en 1954 et dissous en 1982, N.D.L.R.], où on était dans une forme de discrétion. Avec l’arrivée de la Gay Pride, il s’agit de parler haut et fort », souligne Éric Fassin, sociologue spécialiste des études de genre.


Sur le même sujet : Mouvement LGBTQI : défricher l’histoire, nourrir les luttes

Cette expression de soi passe par une évolution du « coming out » à travers la libération sexuelle des années 1970. Alors qu’il symbolisait jusque-là l’entrée dans la communauté homosexuelle, celui-ci commence à se construire relativement au public hétérosexuel. Pour Éric Fassin, « le terme devient une revendication de soi, au risque de se transformer en injonction à la transparence ». Cette fierté identitaire est au cœur de la Gay Pride : « C’est un renversement de la honte. La…

La suite est à lire sur: www.politis.fr
Auteur: Juliette Heinzlef

Pour l’actu indépendante

🌍 Soutenez l’info libre. Gardez OnePlanète vivant et sans pub
→ ko-fi.com/oneplanetecom

Buy Me a Coffee at ko-fi.com