Première marché des Fiertés LGBTQIA+ organisée au Vigan, le 22 juin 2024. Crédit photo : Mathieu Le Coz/Hans Lucas
Le 22 juin a eu lieu la première marche des Fiertés du Vigan, dans les Cévennes. Dans une ville de quatre mille habitant.es, un demi-millier de personnes a manifesté au son d’une batucada pour pointer du doigt les problématiques que les personnes LGBTQIA+ rencontrent en milieu rural : manque de représentation, de lieu pour se rencontrer, d’accès aux soins… Le Poing a discuté avec quelques manifestant.es, qui ont accepté de livrer leur témoignage et de parler de leurs revendications
Article initialement paru dans le journal papier numéro 42 du Poing, sur le thème “LGBT, services publics, vote RN : les campagnes montent au front”, publié en septembre 2024 et toujours disponible sur notre boutique en ligne
Lud : “Se construire sans représentations”

“Organiser une Pride ici, ça comporte des difficultés liées à la ruralité : on n’a pas beaucoup d’espaces pour se retrouver entre nous. Quand on se construit comme personne LGBTQIA+ à la campagne, on se construit sans représentations ni personnes avec qui échanger. Il y a sans doute plus d’homophobie que dans les centres urbains. Certain.es ne font pas leur coming-out à cause de l’homophobie qu’ils vivent au quotidien. Et il y a moins d’anonymat ici que dans les grands centres urbains. À Montpellier, je peux passer inaperçu dans la rue avec du maquillage sur les yeux, ici, je mets un pantalon rose, tout le monde va me regarder. Et puis ce qui pose problème dans la ruralité, c’est l’accès aux soins. J’ai grandi en Lozère, c’était impossible d’avoir des distributeurs de capotes au lycée ou des tests de dépistages gratuits et anonymes. Ici non plus, il n’y a pas d’antenne du planning familial, et c’est dur de trouver un médecin. Cela pose problème pour les dépistages ou demander la PrEP [NDLR : un…
Auteur: Elian Barascud

