Les gardiennes d’un chêne sur le banc des accusées
La Relève et La Peste a recueilli la parole de Camille* et Caroline*, deux des trois accusées au procès qui s’est tenu le 4 novembre à Toulouse. Les militantes anti LGV avaient été interpellées le 29 août dernier à Saint-Jory (Haute-Garonne) alors qu’elles tentaient de s’installer dans un chêne multicentenaire. Les cinq heures d’audience ont laissé peu de latitude aux jeunes femmes pour s’exprimer, ce qu’elles regrettent.
L’action « symbolique » menée cet été visait à empêcher la coupe d’un chêne multicentenaire dans le cadre des AFNT (Aménagements ferroviaires du nord de Toulouse), lourds travaux préparatoires à la construction de la LGV Bordeaux-Toulouse dont nous avions rapporté les débuts il y a un an.
Les personnes arrêtées ont font partie de la ZAD La Guinguette Vaillante, un poste avancé de la lutte anti LGV installé au bord du canal latéral à la Garonne, sur la commune de Saint-Jory. Les quatre opposantes ont été arrêtées avant qu’elles ne parviennent jusqu’à l’arbre, alors qu’elles commençaient à couper la forêt de barbelés qui l’entourait.
Trois ont été placées en garde à vue. Fait exceptionnel – et mesure disproportionnée selon l’avocate de Caroline, Me Chotel – deux d’entre elles, par ailleurs sous contrôle judiciaire suite à leur occupation de la Guinguette, ont été maintenues en détention provisoire pendant deux jours, en attendant l’audience qui devait à l’origine se tenir le 1er septembre.
Ce que la procureure a appelé un « choc carcéral », laissant planer l’idée que cette fermeté pourrait devenir la norme, afin que les militants « prennent conscience du fait qu’ils risquent la détention. »
« Nous assumons nos choix, cela ne nous amuse pas de grimper dans les arbres », rétorque Caroline. « On ne devrait pas avoir à faire ça. Cela représente des risques que peu sont…
Auteur: Valérie Lassus

