Grenoble (Isère), reportage
Des échafaudages sur les murs, des barrières et du matériel de chantier aux pieds des immeubles. La galerie de l’Arlequin — grand ensemble de logements emblématique du quartier grenoblois de la Villeneuve — est en pleine réhabilitation. « Je sais que des gens sont gênés par ces travaux mais il fallait bien rénover ce quartier, sourit Asuman, retraitée y vivant avec son fils en situation de handicap. Il fallait même probablement le faire avant. »
Il s’agit là bien plus que de quelques coups de peinture. Un total de 260 millions d’euros a été investi par la Ville, la Métropole et les bailleurs sociaux pour opérer ce « renouvellement urbain » massif. Une réhabilitation thermique complète des bâtiments est en cours, et de nouvelles montées avec ascenseurs sont installées.
Ce projet en profondeur est le marqueur le plus visible de l’intervention des collectivités locales dans les quartiers populaires de la capitale de l’Isère. Lors des élections municipales de 2014 et de 2020, leurs habitants ont contribué à l’accession au pouvoir de l’écologiste Éric Piolle — malgré une forte abstention. Pourtant, après douze ans de cette majorité « rouge verte », l’espoir a laissé place à une certaine amertume.
Henri Touati habite ici depuis quinze ans. Ancien directeur de MJC, il considère que la municipalité a délaissé ces quartiers : « Nous n’avons pas senti de vraie volonté d’améliorer la situation. Toutes les choses associatives et vivantes se dégradent. » Et d’ajouter : « La Villeneuve a toujours été un quartier complexe, fragile, mais avec du vivre-ensemble. Aujourd’hui, il n’y a plus la dynamique sociale qui permettait aux habitants de ne pas se sentir débordés par les mauvais côtés. »
Trafic de drogue et fusillades
Parmi…
Auteur: Martin Delacoux

