Cavaillon, Avignon, Valence, Villerupt, la vague de règlements de comptes liée aux trafics de drogues, qui touche actuellement les villes moyennes, pose la question de l’extension de leur offre en dehors des grandes métropoles.
Aujourd’hui, aucun territoire ne semble épargné, y compris les zones rurales. Si celles-ci n’échappent pas au fort développement du marché des drogues à l’œuvre depuis 20 ans, la consommation semble marquée par une spécificité, singulièrement dans les territoires du nord-est de la France : la forte présence de l’héroïne.
Même si on évoque souvent la cocaïne et les drogues de synthèse, l’ampleur, ces dernières années, des saisies d’héroïne témoigne de la persistance de la consommation de cette substance. Après 2020 et 2021, l’année 2022 a été marquée en effet par un nouveau record historique (1,4 tonne confisquée), qui place la France, avec les Pays-Bas, en tête des pays de l’Union européenne en matière de saisies.
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Contre-culture et popularisation
L’usage d’héroïne n’est certes pas une nouveauté. On peut même dire que la problématique a près d’un demi-siècle. C’est en effet à partir de la fin des années 1960 que la France va connaître un essor de la consommation, qui sera symbolisé par la surdose mortelle d’une adolescente de 16 ans à Bandol, laquelle va connaître un écho national et déboucher sur la loi du 31 décembre 1970 qui durcit considérablement les peines contre les trafiquants et les usagers.
À cette époque, la consommation est plutôt circonscrite dans les milieux relevant de la contre-culture, née dans les années post-68, pour laquelle l’usage d’héroïne exprime une forme de contestation de la société. Ce n’est qu’à partir des années 1980, que l’héroïne va toucher d’autres milieux sociaux…
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Auteur: Michel Gandilhon, Chargé d’enseignement au sein du master de criminologie, Conservatoire national des arts et métiers (CNAM)

