Comment la Palestine fut perdue et pourquoi Israël n’a pas gagné, Jean-Pierre Filiu, Seuil, 432 pages, 24 euros.
Du conflit israélo-palestinien on connaît évidemment les deux premiers protagonistes. On n’ignore rien ou presque de leurs tragédies. Mais on en omet souvent un troisième, lointain et pourtant décisif : l’évangéliste chrétien. Au mieux, on le regarde comme un intrus récemment apparu sur la scène du Proche-Orient. Le grand mérite du nouveau livre de l’historien Jean-Pierre Filiu est de rendre à cet étranger sa place et de le réinscrire dans l’histoire longue, jusqu’au fondement théorique et théologique du conflit, bien avant que celui-ci n’éclate.
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Plus sionistes que les sionistes juifs, plus colonisateurs que les colons israéliens, et tout aussi fanatiques que les plus fanatiques d’entre eux, les évangélistes chrétiens états-uniens pensent que l’existence d’Israël est la garantie du retour du Messie sur terre. Ils répondent, dans leur composante sioniste, à la question tant de fois posée : pourquoi les États-Unis d’Amérique soutiennent-ils Israël de façon inexpugnable ?
Alors même que Joe Biden hausse le ton contre Benyamin Netanyahou, le massacreur de Gaza, il éprouve le besoin de réaffirmer son soutien « indéfectible et fondamental » à l’État hébreu. Contradictoire ? En apparence seulement. Car la relation entre les deux pays répond à deux logiques qui semblent ne pas se connaître. L’une, politique, module son expression au gré des circonstances ; l’autre, religieuse,…
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Auteur: Denis Sieffert

