À une période où les fantômes du passé semblent ressurgir, l’importance de conserver notre patrimoine historique demeure plus que jamais déterminante. Or, le capitalisme appose, là encore, sa griffe sur des objets et des lieux privatisés par de grandes fortunes et retirés d’accès de la population.
Lorsque l’on visite un musée ou un site historique, on reste souvent contemplatif devant des vestiges ou des témoignages aussi remarquables de siècles lointains. Ces visites permettent également d’ouvrir une réflexion sur le présent en tirant des leçons d’époques révolues. Mais face aux États néolibéraux et à leurs cures d’austérité, l’Histoire n’est parfois plus perçue que comme une ressource économique. Pour endiguer ce phénomène, une réappropriation collective du patrimoine devient plus que jamais indispensable.
Une logique de marché
Notre patrimoine commun est parfois soumis à un système marchand comme n’importe quel autre objet, en particulier dans certaines nations, tels les États-Unis. Ainsi, au pays de l’oncle Sam, un fossile de dinosaure découvert sur un terrain privé appartient au propriétaire et non à l’état.
Dès lors, ce fonctionnement a engendré l’apparition de centaines de « chasseurs de dinosaures » qui sillonnent la région pour obtenir l’accord des ayants droit afin de fouiller leurs terres et partager les bénéfices. Certains spécimens peuvent en effet se revendre plusieurs millions de dollars auprès de riches collectionneurs. Et pendant ce temps, ces découvertes extraordinaires échappent aux scientifiques, aux musées et au regard des citoyens.
Ce type d’exemple ne fait malheureusement pas exception et tend à se généraliser dans l’ensemble du milieu. Les antiquités, en particulier lorsqu’elles ont une valeur artistique, deviennent ainsi de plus en plus de véritables actifs financiers sur…
Auteur: Simon Verdiere

