Beaucoup a été écrit et débattu quant à la manière dont race et capital se nouent dans l’Histoire. Dans ce (très) long article, perro apporte sa pierre à l’édifice depuis ce courant de la pensée critique bien particulier qu’est la théorie de la valeur et autour de la somme Capital et race de Sylvie Laurent, que nous avions recensé ici.
Ce qui n’est pas accompli complètement jusqu’à sa véritable fin
Retourne au néant à la bride du temps marchant en crabe
Horace, Heiner Müller
[…] il consacrait [à ses livres] juste le temps nécessaire à leur écriture, ce qui dépendait essentiellement de leur épaisseur, parce que (dès lors que les circonstances avaient fait que c’était devenu sa profession) il devait s’appliquer à écrire de préférence de gros livres, dans son propre intérêt bien compris, compte tenu du fait que les gros livres rapportent plus que les minces, lesquels, vu qu’ils sont peu épais, ont des honoraires plus minces (en fonction de leur épaisseur)(et indépendamment de leur contenu)
Le Refus, Imre Kertész
Capital et race – histoire d’une hydre moderne, tel est le titre de l’imposant ouvrage, important travail de compilation, écrit par Sylvie Laurent, américaniste et enseignante à Science Po, spécialiste de l’histoire de la race et de ses politiques aux États-Unis ; l’ambition affichée dès les premières pages est tout aussi conséquente : retracer, sur près de cinq siècles, l’histoire de « [l’]hydre du capital et de la race », qui aux États-Unis aurait trouvé sa terre d’élection. En prenant appui sur un impressionnant corpus, dans lequel Karl Marx et W.E.B Du Bois occupent une place privilégiée, l’autrice se propose de démêler l’écheveau du capital et de la race, de déployer cette histoire commune dont 1492, date de la « découverte » des Amériques par Christophe Colomb, marque pour elle le point de départ, le véritable « moment…
Auteur: dev

