La pluviométrie exceptionnelle des derniers mois relance les débats autour des mégabassines, relate Le Parisien. Début mars, dans les Pays de la Loire, une centaine d’agriculteurs ont bloqué l’A87 afin de dénoncer « l’immobilisme administratif » et réclamer « une véritable politique de stockage de l’eau face au changement climatique ». À Sainte-Soline, dans les Deux-Sèvres, les exploitants agricoles appellent également à une mise en service de la mégabassine du même nom.
Cette dernière est déjà construite, mais son autorisation a été suspendue en décembre 2024 par la cour administrative d’appel de Bordeaux. L’autorisation environnementale initialement délivrée à ce projet contesté ne comportait en effet pas de dérogation permettant de porter atteinte aux espèces protégées, ni de mesures de protection de l’outarde canepetière (un oiseau en danger).
Risque de maintenir le statu quo agricole
Ces demandes d’exploitants interviennent après un hiver exceptionnellement pluvieux : entre le 14 janvier et le 22 février, il a plu quarante jours d’affilée en France, soit la série la plus longue jamais observée depuis le début des mesures, en 1959. « Cette eau, les éleveurs en auront besoin au printemps et en été pour faire leur fourrage et alimenter leur troupeau », a déclaré le céréalier François Pétorin à nos confrères du Parisien.
« Une année comme celle-ci, évidemment qu’on pourrait remplir toutes les mégabassines de France, mais c’est une année pluvieuse exceptionnelle, qui fait suite à plusieurs hivers extrêmement secs », estime de son côté Marie Bomare, juriste au sein de l’ONG Nature Environnement 17. De nombreux experts et associations écologistes estiment que les mégabassines ne bénéficient qu’aux agriculteurs irrigants, et relèvent de la « mal adaptation ».
Stocker le surplus d’eau en hiver empêche en effet l’eau de s’infiltrer dans…
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