Ce reportage est réalisé dans le cadre de la résidence de journalistes « médias alternatifs et défis environnementaux », créée par les chercheuses Audrey Alvès et Carole Bisenius-Penin, membres du Centre de recherche sur les médiations (Crem) de l’université de Lorraine, en partenariat avec Reporterre.
Moselle, reportage
Sa grosse cylindrée allemande, immatriculée au Luxembourg, est garée juste devant l’entrée de la tribune sud. Mais pour rencontrer Bernard Serin, le président du FC Metz, il faut monter au Cercle des Paraiges, un club privé rénové à grands frais et inauguré en 2021 au sein même du stade de football d’un des plus vieux clubs de France. Ici, au cœur de la Lorraine, on accueille la crème des entrepreneurs et décideurs de la région, dont ceux intéressés par l’hydrogène vert. Terrasse, restaurant, bar « lounge », espaces privés décorés dans un esprit « design »… pas vraiment l’ambiance saucisses-frites et écharpes grenats des supporters.
Le « président » reçoit dans le salon littéraire, une pièce sobre où trônent des livres relatant l’histoire de l’industrie en Lorraine, comme la sidérurgie qui a particulièrement marqué le territoire. Bernard Serin a bien connu cette vallée de la Fensch, ses nuits au ciel orange, illuminé par les étincelles d’acier en fusion, et ses « gueules sales », popularisés dans la chanson de Bernard Lavilliers.
L’ancien aciériste, qui a passé vingt-sept ans au sein du groupe sidérurgique Usinor, se verrait bien devenir le champion mondial de cette nouvelle énergie décarbonée, l’hydrogène vert. Une façon de terminer sa carrière par une note moins fossilisée. Mais en Lorraine, il n’est pas le seul à flairer le bon filon… Plusieurs projets se concurrencent, financés par des fonds européens importants, sans qu’un véritable marché n’émerge.
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Auteur: Adrien Labit, Benjamin Mathieu

