Pour la journée de discussion organisée ce samedi 28 janvier à la Parole Errante autour du thème « Reprendre l’offensive », nous avions souhaité partir des hypothèses politiques et révolutionnaires qui trament l’époque et sont autant de points et de coordonnés depuis lesquels se saisir du présent. L’hypopthèse communale, l’hypothèse insurrectionnelle, l’hypothèse des marges et bien sûr, l’hypothèse destituante. Tout naturellement, nous nous sommes tournés vers notre ami Jacques Fradin, meilleur exégète de la philosophie destituante, afin qu’il se joigne à nous. Malheureusement, il en fut empêché, il nous a néanmoins transmis la note de synthèse que nous reproduisons ci-dessous.
La politique destituante ou de la destitution, encore nommée politique négative et, dans la suite, communisme tribunicien, cette politique a été introduite dans la pensée italienne, Agamben, Esposito, Cacciari, Vattimo, vers les années 1980-1990 et développée après 2000-2010 (voir bibliographie sommaire en fin d’article).
L’idée de la politique négative été introduite sous le coup de la défaite de l’insurrection opéraïste et en réaction à la thèse (beaucoup trop affirmative) du « pouvoir constituant » de Negri.
Puissance destituante (Agamben) opposée au pouvoir constituant (Negri).
Chaque terme exigeant une analyse de détail : puissance et non pas pouvoir, poussée négative de « destruction » et non pas construction positive.
Nous allons, ici, tenter une introduction limitée (très limitée, pour plus de développements voir note 1), une introduction à la française à cette hypothèse destituante.
Le thème de la politique négative étant très lourd et demandant une longue élaboration (voir Punk anarchism, note 1) nous ne pouvons qu’en rester à une introduction sommaire, au moyen de quelques apologues.
La politique négative consiste en la négation (destruction) du despotisme (on pourrait nommer cette politique destituante : « démocratie sauvage », communisme tribunicien).
Partons de Giorgio Agamben :
Vers une théorie de la puissance destituante, LM 45, 25 janvier 2016.
Posons, en suivant Agamben, que le point de départ des présentes réflexions sur la politique destituante est l’analyse critique de ce qui est nommé « démocratie » (ou « démocratie libérale »), analyse reformulée en termes de DESPOTISME ; ce qu’Agamben (après Benjamin) nomme : État d’exception (permanent).
Le régime politique de l’économie (nommé par antiphrase :…
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Auteur: lundi-matin

