Depuis lundi 23 septembre, des bombardements israéliens d’une extrême violence frappent le sud du Liban et la plaine de la Békaa, dans l’est du pays. En deux jours, les frappes ont fait 569 morts, selon le ministre de la Santé libanais, dont 50 enfants. Des dizaines de milliers de personnes au moins ont dû fuir leur maison.
Israël affirme cibler le Hezbollah, un mouvement islamiste opposé de longue date à l’État hébreu. Depuis l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023, le Hezbollah lance des roquettes sur Israël et dit vouloir continuer « jusqu’à la fin de l’agression à Gaza ». Israël répliquait jusqu’ici par d’autres tirs d’artillerie. L’intensification des bombardements est catastrophique pour la population.
Au cœur de la Békaa, dans le village de Saadnayel, la ferme agroécologique de Buzuruna Juzuruna échappe pour l’instant aux bombardements. Nous avions rencontré en 2021 cette communauté qui lutte pour l’autonomie alimentaire et la justice sociale et climatique. Serge, qui travaille à la ferme, nous a expliqué par téléphone, mercredi 25 septembre, comment la guerre affectait leur quotidien et leur utopie.
Reporterre — Quelle est la situation chez vous à l’heure où l’on se parle ?
Serge — Nous ne sommes pour l’instant pas touchés par les bombardements. On les entend et on voit les colonnes de fumée, les frappes sont continues depuis deux jours. Mais elles touchent le nord de la plaine, à une cinquantaine de kilomètres d’ici, et les montagnes un peu plus proches, à une vingtaine de km. On voit en revanche arriver énormément de réfugiés. Le sud du pays s’est presque vidé. On a ouvert nos maisons, on passe notre temps à essayer de loger tout le monde, il y a parfois trois familles par appartement. On distribue de la nourriture, on arrive pour l’instant à nourrir tout le monde décemment.
Il y a un vrai élan de solidarité. Les gens ne sont pas abattus mais ils sont inquiets….
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Auteur: Vincent Lucchese

