La crise libanaise ne se mesure plus seulement à l’effondrement des revenus ou aux destructions causées par le conflit. Elle s’invite jusque dans l’assiette des enfants. Selon une nouvelle évaluation du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) publié mardi, 22 % des ménages interrogés déclarent qu’au moins un de leurs enfants s’est couché le ventre vide au cours des deux semaines précédant l’enquête.
Intitulé Un cauchemar sans fin, le rapport décrit des familles contraintes d’arbitrer entre des besoins pourtant élémentaires. Près d’un tiers des ménages (31 %) affirment ainsi qu’un enfant n’a pas reçu les soins médicaux dont il avait besoin, principalement faute d’argent.
Autre signe de l’appauvrissement : le travail des mineurs gagne du terrain. Dans 14 % des foyers interrogés, au moins un enfant travaille, une proportion qui a plus que doublé depuis janvier 2025.
« Les enfants et les jeunes du Liban sont contraints de supporter un fardeau qu’aucun enfant ne devrait avoir à porter », a déploré Marcoluigi Corsi, représentant de l’UNICEF au Liban, dans un communiqué accompagnant la sortie du rapport. « Les familles sont poussées au bord du gouffre, tandis que les enfants sont privés de soins de santé et d’éducation, contraints de travailler et subissent une profonde détresse psychologique ».
Une école fragilisée par la guerre
À la précarité économique s’ajoute le coût humain du conflit. Depuis le 2 mars 2026, au moins 261 enfants ont été tués et 1 056 blessés, selon l’ONU, soit en moyenne sept enfants tués ou blessés chaque jour. Parmi les survivants, 12 % des enfants blessés vivent désormais avec un handicap.
Le système éducatif, déjà fragilisé par des années de crise, a lui aussi subi les conséquences des combats. Au total, 436 écoles ont été endommagées ou détruites, menaçant de priver près de 100 000 enfants de salle de classe. Au moins 86…
Auteur: Nations Unies FR
