Liban, la sempiternelle instrumentalisation politique des réfugiés syriens

La question des réfugié·es syrien·nes au Liban reste prégnante : les expulsions vers la Syrie se multiplient depuis le début de l’année et ces derniers·ères sont politiquement instrumentalisées, tant pour garantir un soutien financier de la communauté internationale que pour éviter aux autorités de réformer le pays. Des associations se mobilisent contre ces discours de haine et ces pratiques injustes.

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« Au Liban, je me suis directement confrontée au racisme. » C’est avec une certaine amertume que Nour sirote son verre de limonade, dans le quartier de Furn el-Chebbak à Beyrouth. « Et encore, renchérit cette mère célibataire qui a dû fuir la Syrie il y a dix ans, je ne suis pas à plaindre : un de mes amis est parti du Liban l’an dernier pour la Turquie, qu’il a dû quitter à l’expiration de son visa, direction la Libye, où il est resté deux mois aux mains des gangs, témoin de leurs exactions. Il devait prendre le bateau de pêche qui a coulé en juin au large de la Grèce[1], mais est finalement revenu au Liban, avant d’être expulsé vers la Syrie… »

Depuis mars 2011 et le début de la révolte en Syrie, le Liban a accueilli un nombre considérable de Syriens, estimé aujourd’hui à 1,5 million par le gouvernement, soit le plus important accueil de réfugiés syriens rapporté à une population (plus de 25%), mettant sous pression des infrastructures et des services publics déjà chancelants. Malgré une langue et une culture en partage, et la solidarité de nombreuses associations et individus, un sentiment de discrimination, si ce n’est de racisme, percute une part significative des Syriens vivant au Liban. Cette situation est perçue comme d’autant plus injuste que la plupart d’entre eux travaillent, de manière déclarée ou non, dans des secteurs socialement utiles et que leur présence favoriserait, selon certaines études, l’activité économique.

Les raids, arrestations et expulsions de…

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Auteur: redaction