La déclaration trilatérale [Israël, Liban et États-Unis], médiée par les États-Unis et publiée mercredi par le Département d’État étatsunien à l’issue de la dernière réunion de haut niveau entre les représentants libanais et israéliens, relève d’une soumission politique si extrême qu’il est difficile d’y trouver un précédent dans l’histoire de la politique moderne.
Le Liban, un État attaqué, cosigne un document qui subordonne le cessez-le-feu non pas au retrait de la puissance occupante de son territoire, mais au retrait de ses propres citoyens de leur terre. Ainsi, l’accord de cessez-le-feu n’est pas conditionné à la fin de l’agression israélienne, au retrait des forces israéliennes du territoire libanais occupé, à la libération des prisonniers ou au retour des personnes déplacées, mais à la cessation des activités armées du Hezbollah et à son retrait du sud.
Israël n’est même pas mentionné en ce qui concerne les obligations liées au cessez-le-feu. Ce qui est présenté comme une cessation des hostilités est donc conçu non pas comme un retrait d’Israël du Liban, mais comme l’expulsion de citoyens libanais de leurs terres.
Cette omission n’est pas accidentelle. La liberté d’action d’Israël avait déjà été normalisée dans un cadre antérieur, et comme cette nouvelle déclaration ne contient aucune exigence imposant à Israël de mettre fin à ses attaques, cette disposition antérieure reste intacte.
Le centre de gravité de la déclaration trilatérale est le Hezbollah, lequel n’est pas défini comme une force de résistance libanaise affrontant l’occupation, mais comme le problème à régler dans tout le Liban.
En apposant sa signature sous l’affirmation du secrétaire d’État étatsunien Marco Rubio selon laquelle le Hezbollah est « un ennemi du Liban », le gouvernement libanais confère une autorité étatique à l’assertion selon…
Auteur: redaction

