Libération (et toute la presse) en extase devant les « sermons » de Delphine Horvilleur

Le dernier livre de Delphine Horvilleur, Sermons sous les décombres, paru début octobre dans la nouvelle maison d’Olivier Nora (ex-Grasset), fascine les grands médias français. Partout, le tapis rouge : entretiens louangeurs dans les matinales de France Inter (06/10) et de Radio Classique (08/10), dans Ouest-France (06/10) – où Delphine Horvilleur est exposée en manchette à la Une –, mais aussi sur le plateau de « La grande librairie » (France 5, 07/10) ou encore dans les pages du Monde (11/10) et de La Tribune dimanche (11/10) ; bonnes feuilles dans Le Figaro (06/10) ; comptes rendus béats dans Challenges (07/10), La Voix du Nord (7/10) – qui salue « une parole pleine de sagesse » –, La Croix (11/10) – qui honore ses « puissantes méditations […] sur la violence » –, sans oublier Le Nouvel Obs (07/10), qui célèbre un livre « inspirant » et, « à l’heure des campismes délétères », nous invite à « cheminer avec [Delphine Horvilleur] pour explorer nos propres omissions ». Rien que ça. Mais rendons à César ce qui lui appartient : fin septembre, c’est Libération qui ouvrait le bal (et donnait le ton) de cette tournée médiatique promotionnelle.

Encenser les censeurs : bis repetita

Au cours des neuf premiers mois de l’année 2026, Libération n’a pas consacré de gros titre de Une à la situation à Gaza. Le 28 septembre en revanche, il a offert sa couverture aux états d’âme de Delphine Horvilleur « sur Israël et Gaza », en orchestrant en grande pompe la promotion de son dernier livre.

« Ai-je su voir ou ai-je été aveuglée ? » Les tourments oculaires de Delphine Horvilleur, photographiée visage accablé, font logiquement le gros titre du journal, dont les pages intérieures sont sur la même ligne quant à la hiérarchie de l’information : le livre fait l’objet d’un édito signé de la directrice de la rédaction, puis…

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Auteur: Pauline Perrenot