Avant la possible arrivée au pouvoir de l’extrême droite, ses idées se normalisent dans la société. Cette tendance a un impact très direct sur le monde académique et la recherche. Une manière de l’illustrer est de s’intéresser à la liberté académique dont l’analyse de son état nous informe sur la place prise par les discours d’extrême droite et nos capacités de résistance.
Dans la première partie, nous élaborerons sur la définition de la liberté académique et le lien avec le champ politique, après quoi nous reviendrons sur les attaques concrètes contre la liberté académique au niveau international avant de revenir sur le cas particulier de la France.
Définir la liberté académique, tout l’enjeu
La liberté académique apparaît peu dans l’ensemble des codes et législations. La notion de liberté académique est introduite dans le Code de l’éducation dans son article L. 952-2 : « Les enseignants-chercheurs, les enseignants et les chercheurs jouissent d’une pleine indépendance et d’une entière liberté d’expression dans l’exercice de leurs fonctions d’enseignement et de leurs activités de recherche, sous les réserves que leur imposent, conformément aux traditions universitaires et aux dispositions du présent code, les principes de tolérance et d’objectivité. » Ainsi, le principe de liberté académique implique de ses détenteurs et détentrices de rester fiables, honnêtes, respecteux·ses et responsables.
Le Code fait un pas de plus en poursuivant l’article avec : « Les libertés académiques sont le gage de l’excellence de l’enseignement supérieur et de la recherche français. Elles s’exercent conformément au principe à caractère constitutionnel d’indépendance des enseignants-chercheurs. »
Si le principe de la liberté académique existe, c’est parce que celle-ci est fondatrice du travail de recherche. Olivier Beaud précise que c’est la condition d’exercice du…
Auteur: romain romain

