Liberté de la presse : au chevet du pluralisme

On ne demande pas aux médecins de casser le thermomètre pour que le malade aille au mieux ! Parmi les instruments qui mesurent la bonne santé d’une société, le journalisme. Or, les zones où l’information est difficile voire impossible à obtenir s’étendent à la surface du globe ; les États autoritaires s’en donnent à cœur joie. À terme, cela menace aussi nos sociétés pluralistes.

Dans son encyclique Magnifica humanitas, Léon XIV a rappelé le lien causal entre le travail journalistique et l’émergence de la vérité dans le débat public. Il souligne là un élément d’un ensemble plus vaste qui concerne la santé de nos démocraties, que valorise et protège la doctrine sociale de l’Église.

Pour elle, la vie démocratique d’un pays ne dépend pas seulement de la qualité des processus électoraux qui n’en sont finalement que la condition première. L’exercice du pouvoir est au moins aussi important. L’existence de contre-pouvoirs qui ne se plient pas aux choix majoritaires est constitutive de l’équilibre d’une société. D’ailleurs, les premières victimes des dictateurs sont ceux qui lui résistent : les juges, les journalistes, les chercheurs et les experts, et en suivant les programmes scolaires, la condition pénitentiaire, etc.

Pour raviver la démocratie, des leaders politiques français, en pleine campagne électorale, en appellent à l’organisation plus fréquente, voire régulière de référendums. L’idée en soi n’a pas à être rejetée, mais elle doit être attentivement discernée. L’idéal démocratique a besoin de plus de soutien que le seul choix majoritaire.

La liberté qui est l’âme de la démocratie est un art difficile. Elle est une culture générale, transmise de génération en génération, et à laquelle, malgré toutes ses limites, le journalisme pluraliste contribue de manière déterminante. Le pape parle d’écologie de la communication….

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