Parti de Guinée Conakry très jeune, Hamidou a fait un long parcours pour arriver en Belgique :
« Je passais par Burkina, puis Agadez, Niger. Là j’étais enfermé avec plusieurs personnes, avec lesquelles on a traversé le désert après, pour arriver à Sehba en Libye. J’ai dû travailler 2 mois pour payer et trouver le transport jusqu’à Sabratha. À Tripoli j’ai fait 3 mois de prison avant de traverser la Méditerranée pour l’Italie. »
Hamidou porte avec lui un rêve qu’il n’a pas laissé écrasé par son dur parcours vers l’Europe et l’exclusion qu’il a trouvé ici. Il veut faire de la musique et étudier, s’exprimer, créer, questionner et penser librement. Face à des rejets en boucle par le système d’asile et les conditions de vie maltraitantes que ça entraîne, Hamidou n’a jamais baissé les bras. Il a bossé, résisté, et fait en sorte de poursuivre son art. Quand tu lui parles, il a toujours un optimisme combatif, une bonne métaphore qui donne aux situations les plus dures un sens profond.
On a fait connaissance avec lui il y a un an sur l’avenue Pacheco, quand la police de Bruxelles-Ville est venue détruire les lieux de vie et voler les affaires des dizaines d’hommes seuls qui campaient là par défaut, à cause du refus politique d’héberger les hommes seuls demandeurs d’asile, un refus illégal et plus que cruel en plein hiver. Cette expulsion de l’avenue Pacheco était justifiée par les futurs travaux de la KUL qui devaient s’installer sur le site — presque rien n’a bougé depuis. L’Office des Etrangers continue d’y exercer son tri d’humains.
Hamidou et 3 amis ont décidé qu’ils ne voulaient pas laisser cette violence les disperser et casser la solidarité qu’ils ont construite à la rue. Ensemble avec quelques personnes en soutien à leur projet, on a décidé d’occuper une maison de la rue Jan Bollen, laissée à l’abandon par son propriétaire pendant presque 20 ans. Ils y…
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