Le 16 août dernier, la scène avait tout d’un acte de résistance civile. À Sahel Al Gharbi, dans l’ouest libyen, les locaux de la commission électorale avaient été incendiés. Qu’à cela ne tienne : les agents électoraux ont dressé des urnes à ciel ouvert. Sous la menace, les habitants ont voté. La participation a même atteint 71 %, signe éclatant, selon Hanna Tetteh, la Représentante spéciale du Secrétaire général pour la Libye, de la soif de représentation politique de la population.
Plus de 25 municipalités ont ainsi bravé la peur, les milices et les sabotages pour organiser des scrutins locaux. Mais cet élan a été freiné net : dans l’Est, le parlement local a suspendu 16 élections, après en avoir déjà bloqué 11 autres en juillet. Une manœuvre qui, pour la cheffe de la MANUL, la mission de soutien politique onusienne dans le pays, illustre combien la transition libyenne reste prisonnière des rivalités entre autorités parallèles.
Labyrinthe institutionnel
Hanna Serwaa Tetteh, cheffe de la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL) et Représentante spéciale du Secrétaire général pour le pays, informe le Conseil de sécurité depuis Tripoli.
Depuis 2011, la Libye vit dans un labyrinthe institutionnel. À l’ouest, un gouvernement d’unité nationale reconnu par l’ONU et dirigé par Abdel Hamid Dbeibah. À l’est, une Armée nationale libyenne aux ordres du maréchal Khalifa Haftar. Deux exécutifs antagonistes respectivement appuyés par des parlements distincts : le haut conseil d’État, à Tripoli, et la chambre des représentants, à Tobrouk.
« Je ne saurais trop insister sur les effets néfastes des institutions parallèles », a averti jeudi Mme Tetteh par visioconférence, lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU sur le pays : la coexistence de deux systèmes judiciaires, de deux budgets et d’une myriade…
Auteur: Nations Unies FR

