Hanna Serwaa Tetteh, représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU en Libye et cheffe de la MANUL, au Conseil de sécurité de l’ONU (archive).
Depuis la chute de l’ex-dictateur libyen, Mouammar Kadhafi, en 2011, le pays s’enlise dans une crise multiforme. À tel point que, selon Hanna S. Tetteh, « l’inaction serait plus coûteuse que le changement ».
Depuis sa prise de fonction en février, la représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU pour la Libye conduit des consultations à travers tout le pays. Les positions divergent quant à la marche à suivre, mais « tous s’accordent sur la nécessité d’organiser des élections », a-t-elle assuré, jeudi, lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU sur la situation en Libye. Reste à trancher une question épineuse : faut-il d’abord adopter un cadre constitutionnel ou avancer sans attendre ?
Blocages institutionnels et compétition pour les ressources
Au cœur du blocage politique se trouve une lutte de pouvoir alimentée par une fragmentation des institutions et une « compétition pour les ressources économiques », selon Mme Tetteh. L’absence d’un budget national unifié accentue les déséquilibres : inflation, pénuries de devises, dépréciation du dinar libyen.
Les tensions s’aggravent autour de la gestion des ressources publiques, exacerbées par la dévaluation monétaire récente. Pour assainir les finances libyennes, plusieurs voix locales réclament un audit indépendant par l’un des grands cabinets internationaux. La Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL), sous l’égide de Mme Tetteh, travaille pour sa part avec des experts afin d’identifier des réformes en matière de gestion financière.
Des avancées timides sont néanmoins signalés : « L’arrêt des échanges de pétrole brut contre du carburant par la Compagnie nationale de pétrole depuis le 1er mars est un…
Auteur: Nations Unies FR

