Seulement 2 % des produits alimentaires consommés en Île-de-France sont locaux. Une réalité qui interpelle quand on sait que la région est par ailleurs une terre agricole qui exporte par exemple ses céréales. Pourrait-on dès lors remédier à cette situation ?
L’Île-de-France, région la plus riche du pays, concentre 30 % du PIB et une forte proportion de diplômés, tout en jouissant d’une réputation internationale. Cependant, elle est presque totalement dépendante de l’extérieur pour son alimentation, avec seulement 2 % des produits alimentaires provenant de la région selon une étude de 2017 et 5 à 7 jours d’autonomie en cas de crise.
Ces chiffres posent à la fois des questions de sécurité, de souveraineté et d’autosuffisance, et interrogent l’ensemble du système alimentaire, de la production à la consommation.
Du champ jusqu’à l’assiette, comment peut-on l’expliquer et comment, surtout, pourrait-on rendre l’Île-de-France plus autonome sur le plan alimentaire ?
Fourni par l’auteur
Une autonomie alimentaire francilienne très faible
Commençons par un paradoxe : en Île-de-France, la production de céréales est très excédentaire par rapport aux besoins régionaux (3,2 millions de tonnes de blé en 2019, selon FranceAgriMer, qui, transformées en farine, représentent plus du double de la consommation de farine des 12 millions de Franciliens. Pourtant, le bassin de consommation importe de la farine, car une forte proportion de ce blé est exportée (70-80 %). Une étude précise le détail des 1,6 million de tonnes de nourriture venant de province qui entrent en Île-de-France chaque année : principalement des fruits et légumes, de l’épicerie, des boissons sans alcool et des produits laitiers. Elle nous permet également d’apprendre que les produits animaux, eux, ne satisfont qu’à…
Auteur: Agnès Lelièvre, Maître de conférences en agronomie, AgroParisTech – Université Paris-Saclay

