Une île au bout du monde
Située à 3 500 kilomètres au large de la côte du Chili et à plus de 2 000 kilomètres de l’île habitée la plus proche, Rapa Nui, ou île de Pâques, est l’une des terres habitées les plus isolées du monde.
Située à l’extrémité de l’archipel polynésien, cette île de 165 km² a été peuplée par des populations polynésiennes vers 1200 apr. J.-C., en provenance des îles de l’est de l’archipel, comme les îles Marquises.
Atteinte pour la première fois par les Européens en 1722, ces derniers y découvrent une population d’environ 3 000 personnes et les désormais célèbres statues monumentales, les moaï.
Plusieurs vagues de colonisation européenne puis sud-américaine ont eu un impact dévastateur sur la population de l’île : introduction de maladies qui ont décimé les habitants, massacres et déportation d’une partie importante de la population.
En effet, entre 1862 et 1863, des navires esclavagistes péruviens débarquent sur l’île de Pâques. Ils capturent environ 1 400 habitants, soit une grande partie de la population, qui sont ensuite emmenés au Pérou pour travailler dans les plantations et les mines.
Carte topographique en français de l’île de Pâques. Note : les ombres du relief sont une image bitmap embarquée dans le fichier SVG. Crédit : Wikimedia Commons
L’effondrement de la population
Mais c’est un autre déclin démographique qui a attiré l’attention : celui de l’effondrement supposé de la civilisation ayant érigé les célèbres statues, popularisé par Jared Diamond dans son ouvrage Effondrement. Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie (2005).
Dans ce livre, le biologiste et géographe américain explique que la population aurait atteint les 15 000 personnes avant de chuter brutalement à 3 000 habitants. Selon lui, ce déclin aurait été provoqué par la déforestation, effectuée pour créer de nouveaux champs dans…
Auteur: Eloi Boye

