Il est essentiel que le gouvernement canadien adopte une lentille linguistique pour tenir compte des effets de ses politiques en immigration sur les communautés francophones et acadiennes en situation minoritaire (CFASM).
En 2021, le Canada comptait 8,3 millions d’immigrantes et d’immigrants, représentant près du quart (23,0 %) de la population canadienne. Entre 2016 et 2021, environ 1,3 million de personnes nées à l’étranger ont immigré au Canada.
Dans son Plan des niveaux d’immigration pour 2024-2026 présenté en novembre 2023, le gouvernement canadien prévoit des cibles de 485 000 en 2024 et de 500 000 en 2025 et en 2026. Selon des projections effectuées par Statistique Canada, la proportion d’immigrantes et d’immigrants et de leurs enfants nés au Canada atteindra environ 50 % de la population canadienne en 2041.
Ma collègue Josée Guignard Noël ainsi que moi-même travaillons à l’Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques. Nos recherches fournissent des données pertinentes à partir desquelles peuvent s’orienter les divers intervenants et intervenantes des minorités de langue officielle et les décideuses et décideurs publics en matière linguistique. Nous estimons que les effets des politiques en immigration sur les communautés francophones hors Québec et acadiennes doivent être pleinement pris en compte.
Le poids démographique des francophones
Le gouvernement canadien et les organismes porte-paroles des communautés francophones et acadiennes travaillent de concert depuis plus de 20 ans pour développer des stratégies de recrutement, d’accueil et d’intégration de la population immigrante francophone dans les communautés. L’immigration est vue comme une planche de salut au déclin démographique des CFASM.
Le Plan d’action pour les langues officielles 2023-2028 prévoit accélérer le rétablissement du poids démographique des francophones grâce à l’immigration…
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Auteur: Éric Forgues, Directeur général, Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques, sociologue, Université de Moncton

