L’ambiance était morose, mercredi, au Sénat, en commission de la culture. Les représentants du livre étaient invités à un tour de table sur « l’économie fragile » du secteur. Chaque maillon de la chaîne du livre, des auteurs aux éditeurs en passant par les libraires, a pu évoquer ses difficultés, alors qu’une nouvelle étude du Centre national du livre (CNL) confirme la chute du temps de lecture des Français. Face à eux, les sénateurs ont laissé échapper leur « impuissance » et leur « lassitude » devant la concurrence des réseaux sociaux et des logiciels d’intelligence artificielle, qu’ils tentent de réguler.
Au milieu de ces préoccupations, qui ne datent pas d’hier, une question d’actualité non moins inquiétante s’est frayée un chemin : le limogeage du très reconnu éditeur en chef de Grasset, Olivier Nora, à la tête de la maison depuis 26 ans. Le sujet a été abordé spontanément par Sylvie Robert (PS). « Cela témoigne une fois de plus de la reprise en main brutale de Vincent Bolloré, qui va mettre à la tête de cette maison d’édition un proche, on le sait », a soufflé la sénatrice d’Ille-et-Vilaine.
Un phénomène de concentration
En désaccord avec Olivier Nora, le milliardaire breton, propriétaire d’Hachette, maison mère de Grasset, a tranché dans le vif. Et déjà provoqué la fuite de 140 auteurs, parmi les plus renommés (Virginie Despentes, Bernard-Henri Lévy, Sorj Chalandon, Frédéric…
Auteur: Christian Mouly

