À celles et ceux qui ne peuvent pas s’exposer à la rue, aux milices fascistes, à la violence que l’État déchaîne sur nous via sa police, celles et ceux qui ont peur, et celles et ceux qui, encore pris dans la croyance électoraliste, devinent l’abîme de désespoir qui s’ouvre sous nos pieds quand on comprend que rien ne nous sauvera de la peste brune : c’est parfaitement OK. Beaucoup d’entre-nous (moi y compris, sans doute) iront voter, et nous pouvons – devons – le comprendre. Mais ne jetez pas la pierre sur les abstentionnistes qui, tout en démontrant les impasses du scrutin, cherchent d’autres façons de lutter. Il n’y a certes pas de solution miracle, mais n’acceptons plus d’attendre d’avoir des député·es suffisamment conciliant·es pour obtenir nos droits fondamentaux. Nous ne nous libérerons que par nous-mêmes, et collectivement.
La croyance électoraliste se porte décidément bien. Pourtant, il est temps de reconnaître et d’affirmer partout que, en période de fascisation, se ranger au vote et suivre les partis est un acte largement insuffisant. Qui peut encore prétendre que mettre un bulletin dans une urne aura un quelconque effet sur les fondements mêmes du fascisme ? Les pieux votants, et les pieuses votantes, qui oseraient le dire, oublieraient bien vite que l’attirail institutionnel, tout le vernis démocratique entourant le système électoral, ont permis à l’extrême-droite, sinon d’accéder au pouvoir, de se faire bien voir et de se faire adouber des libéraux en place ! Certains n’ont peut-être pas pris la peine de passer par la case « relooking chic », et ont préféré organiser des coups d’État pour se hisser jusqu’au trône par la violence, c’est vrai ; mais dans le même temps, un Hitler, un Trump, une Meloni, et prochainement – qui sait – un Bardella ou une Le Pen, auront eu tout le luxe d’instrumentaliser la démocratie pour se rendre « présentables ». Merci…
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