Organiser la paix, c’est organiser de nouveaux champs d’accumulation du capital. Au cœur de cette accumulation par pacification se trouve le droit international. Bien que ce dernier ait été créé pour prolonger et justifier des régimes de mise en guerre par la rationnelle-légalité plus que pour les corriger, le Conseil de la Paix (CDP) pour Gaza, porté par Donald Trump, dépasse l’ambition classique d’un maintien du statu quo. Le centralisme organisé, les usages sémantiques et la structure financière opaque constituent les bases d’un nouveau droit de paix et consolide son revers : l’historique droit de guerre des pays du centre sur les périphéries.
Si l’approche marxiste de China Mieville permet d’analyser la fonction d’une violence consubstantielle au droit international, l’approche weberienne aide à comprendre sa deuxième fonction : voiler par la rationnelle-légalité la première. A travers le CDP, les Etats-Unis édifient un nouvel arsenal juridique pour un ordre mondial durablement plus brutal. L’impérialisme américain consolide ainsi la structuration de son instrument le plus invisible, violent et légitime : le droit international.
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« Il ne s’agit pas de supprimer les inégalités parmi les hommes, mais de les amplifier et d’en faire une loi. »
Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme, 1955
Le droit international : un succès de son échec volontaire
Dans La guerre civile en France, Marx pointait déjà l’a-juridisme de l’ordre impérial. Si l’impérialisme a longtemps été vu théoriquement comme l’antagoniste du droit international il y a une nécessité de désormais le lire matériellement tel un de ses propriétaires privés. Dans Between Equal Rights, China Mieville développe l’approche matérialiste du juriste bolchevique Pashukanis qui proposait en 1925 une lecture du droit international en termes differentia specifica of law – différences…
Auteur: romain romain

