L’implication de Tadjiks dans le massacre de Moscou trouve ses racines dans le passé trouble et le présent désespéré de l’ex-république soviétique

Les quatre hommes armés accusés des meurtres d’au moins 139 spectateurs
au théâtre Crocus City Hall de Moscou, le 22 mars 2024, étaient tous citoyens du Tadjikistan, petit pays d’Asie centrale.

Leur nationalité a-t-elle quelque chose à voir avec leur présumé acte de terrorisme ? De nombreux Russes affirmeraient que c’est le cas.

Le Tadjikistan, un pays enclavé de dix millions d’habitants, pris en sandwich entre l’Ouzbékistan, l’Afghanistan et la Chine, est la plus pauvre des anciennes républiques soviétiques. Connu pour sa corruption et sa répression politique, il subit depuis 1994 la poigne de fer du président Emomali Rahmon. On estime que plus de trois millions de Tadjiks vivent en Russie, soit environ un tiers de la population totale.

Mukhammadsobir Faizov, un des suspects dans le massacre du théâtre Crocus City Hall, est assis dans une cage de verre au tribunal du district de Basmanny, à Moscou, le 25 mars 2024.
(AP Photo/Alexander Zemlianichenko)

Spécialiste de l’histoire de l’Asie centrale, je parle le tadjiki et j’ai séjourné à de nombreuses reprises dans la région, ainsi qu’en Russie, depuis 1990. J’ai personnellement été témoin des conditions de vie des Tadjiks en Russie, et dans leur pays d’origine, que j’ai décrites dans mon récent ouvrage, Les Tadjiks : persanophones d’Afghanistan, d’Ouzbékistan et du Tadjikistan.

Une population discriminée

La plupart des Tadjiks vivant en Russie occupent le statut précaire de « travailleurs invités », occupant des emplois mal rémunérés dans les secteurs de la construction, des marchés ou le nettoyage des toilettes publiques. Le déclin démographique de la population russe a conduit à une dépendance croissante envers les travailleurs étrangers, afin de répondre aux besoins de main-d’œuvre. L’attitude des Russes envers les autochtones d’Asie…

La suite est à lire sur: theconversation.com
Auteur: Richard Foltz, Professor of Religions and Cultures, Concordia University

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