Craig Murray, ancien ambassadeur en Ouzbékistan, père d’un nouveau-né, homme en très mauvaise santé et sans casier judiciaire, devra se rendre à la police écossaise dimanche matin [1er août 2021 – NdT]. Il devient la première personne à être emprisonnée pour le motif obscur et vaguement défini d’ »identification par recoupements » [« Jigsaw identification » (*)].
Murray est également la première personne à être emprisonnée en Grande-Bretagne pour outrage à magistrat depuis un demi-siècle – une période où les valeurs juridiques et morales qui prévalaient étaient si différentes que l’establishment britannique venait tout juste de mettre fin aux poursuites contre les « homosexuels » et à l’emprisonnement des femmes pour avoir avorté.
PRESS RELEASE : Craig Murray to be first person incarcerated in the UK over media contempt case in 50 years, setting dangerous legal precedent for freedom of speech and equality before the law.
— Craig Murray Justice campaign (@cmurrayjustice) July 29, 2021
La condamnation de Murray à huit mois d’emprisonnement par Lady Dorrian, la deuxième plus haute juge d’Écosse, est bien sûr entièrement fondée sur une interprétation rigoureuse de la loi écossaise et non une volonté de vengeance des autorités politiques écossaises et londoniennes à l’encontre de l’ancien diplomate. Et le refus de la Cour suprême du Royaume-Uni, jeudi, d’entendre l’appel de Murray malgré de nombreuses anomalies juridiques flagrantes dans l’affaire, ouvrant ainsi la voie à la prison, est également fondé sur une interprétation rigoureuse de la loi, et n’est en aucun cas influencé par des considérations politiques.
L’emprisonnement de Murray n’a rien à voir avec le fait qu’il a mis l’État britannique dans l’embarras au début des années 2000 en devenant ce qui est le plus rare : un diplomate lanceur d’alerte. Il a révélé la collusion du gouvernement britannique, avec les États-Unis, dans le régime de torture de l’Ouzbékistan.
Son emprisonnement n’a rien à voir non plus avec le fait que Murray a mis l’État britannique dans l’embarras plus récemment en dénonçant les abus juridiques lamentables et persistants dans un tribunal de Londres, alors que Washington cherche à extrader le fondateur de Wikileaks, Julian Assange, et à l’enfermer à vie dans une prison de haute sécurité. Les États-Unis veulent faire d’Assange un exemple pour avoir exposé leurs crimes de guerre en Irak et en Afghanistan et pour avoir publié des…
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Auteur: Jonathan COOK Le grand soir

