L’incendie de l’Aude, qui a fait un mort et 23 blessés en cinq jours, est le pire depuis au moins 50 ans sur le pourtour méditerranéen français, selon la Base de données gouvernementale des incendies de forêt en France (BDIFF) qui répertorie depuis 1973 la surface totale parcourue par les flammes. Il marque par son caractère inédit sur plusieurs points.
– Sa vitesse de propagation
Le feu est parti vers 16 h 15 mardi 5 août sur la commune de Ribaute, à une quarantaine de kilomètres à équidistance entre Narbonne et Carcassonne. Les pompiers sont intervenus en moins de sept minutes et ont mobilisé « le maximum des capacités nationales » aériennes, selon la préfecture. Le dispositif aérien a effectué des rotations dans le ciel audois jusqu’à la tombée de la nuit.
Malgré un dispositif « colossal » de plus de 2 000 pompiers, selon la préfecture, le massif des Corbières s’est embrasé « au grand galop », rapporte Bruno Zubieta, élu de Villesèque-des-Corbières : la zone parcourue par le feu est passée de 50 à 4 000 hectares en cinq heures, pour atteindre 16 000 hectares en à peine plus de 48 heures. Météo France avait placé l’Aude en vigilance rouge pour le risque « très élevé » d’incendies.
Sous l’effet conjugué de la tramontane, un vent sec et chaud, soufflant en rafales à 50 km/h, de la sécheresse de la végétation, dont le taux d’humidité était inférieur à 30 %, et de températures supérieures à 30 degrés, le feu a atteint « une vitesse de propagation de 1 000 hectares par heure », selon le colonel Christophe Magny, chef du service d’incendie et de secours de l’Aude.
Jusqu’à ce que le vent se calme et tourne, mercredi après-midi, les flammes se sont déplacées à la vitesse « incroyable » de 5 à 6 km/h, explique l’agroclimatologue Serge Zaka. Et il ne sera pas maîtrisé avant dimanche soir, a prévenu le colonel, soit cinq jours après…
Auteur: La Croix (avec AFP)
