Piégés. Dans le « journal intime » du Dr Le Scouarnec, Hugo Lemonier, éditions Nouveau monde, 368 pages.
« Le procès du silence », « trente ans de silence », « un silence coupable ? » Avec l’affaire Le Scouarnec, ce mot revient à la une de la presse comme un réflexe, notamment pour dépeindre la famille de cet ex-chirurgien, jugé pour des viols et agressions sexuelles sur 299 personnes. Mais silence de qui ? Joël Le Scouarnec reconnaît aujourd’hui les viols qu’il a commis sur trois de ses nièces, des faits pour lesquels il a été en partie condamné en décembre 2020 par la cour d’assises de Saintes. Ces incestes n’avaient, jusqu’à l’arrestation du pédocriminel en mai 2017, jamais été dénoncés aux autorités.
Informées de la première condamnation de Joël le Scouarnec pour détention d’images pédopornographiques, les différentes strates hiérarchiques et administratives ont choisi de ne pas agir. Une information qui donne à voir l’ampleur de la banalisation des violences que peuvent encourir les enfants. Notre dossier (février 2025).
Alors, silence des victimes ? Non, car les nièces ont parlé. Alexandra, celle que Joël Le Scouarnec présente comme « la première » dont il a « abusé », s’est résignée à ne pas être entendue. Durant toute son enfance, raconte-t-elle à Politis, elle a senti sa famille, issue d’un milieu modeste, prise dans les filets de ce chirurgien.
À cette époque, la petite n’a pas dit un mot. Mais son corps, lui, a parlé. « Je me retenais d’aller aux toilettes », se souvient-elle, « jusqu’à m’en abîmer un rein ». La fillette fait des cystites à répétition. Elle garde…
Auteur: Hugo Lemonier

