Quel rapport entre l’obliquité de la Terre — l’inclinaison de son axe — et le CO2 ? Publiée le 11 octobre dans Nature Geoscience, une étude montre l’existence d’augmentations abruptes des concentrations de CO2 au cours des 500 000 dernières années lorsque la Terre est fortement inclinée. Un résultat inattendu à prendre en compte dans les prévisions d’augmentation des concentrations en gaz à effet de serre dans l’atmosphère.
Pendant 6 000 ans, jusqu’au début de l’ère préindustrielle, la quantité de CO2 dans l’atmosphère a été relativement stable : autour 280 parties par million (ppm), contre 420 ppm aujourd’hui. En remontant dans les archives climatiques que sont les carottes de glace, des chercheurs ont découvert des « sauts » de CO2, des augmentations d’une dizaine de ppm dans l’atmosphère qui interviennent dans un laps de temps très court, de l’ordre d’une centaine d’années. Le ppm est l’unité de mesure qui permet d’évaluer la concentration de CO2 dans l’atmosphère.
« Ces sauts, bien qu’étant des évènements majeurs, se produise à une vitesse et une amplitude environ dix fois moins importantes que les émissions humaines actuelles de CO2 », précise Étienne Legrain, chercheur à l’Institut des géosciences de l’environnement (IGE) et premier auteur de l’étude.
Effondrement de l’Amoc
Vingt-deux sauts ont ainsi été comptabilisés sur le dernier demi-million d’années. « Ce phénomène a été identifié récemment par les paléo-climatologues qui ne sont capables que depuis une quinzaine d’années d’avoir une précision centennale dans la reconstitution des concentrations en gaz à effet de serre dans l’atmosphère », explique Étienne Legrain. Ces résultats sont le fruit d’une collaboration internationale, en particulier entre l’IGE et l’Université de Bern qui avait fait une première publication sur le sujet dans Science en…
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Auteur: Magali Reinert

