La prochaine ruée vers l’or aura des airs de plongée. Car c’est désormais sur les fonds marins que lorgnent les compagnies minières. Thallium, cobalt, manganèse, nickel, or… Les abysses regorgent de minerais. Alors que les gisements terrestres s’épuisent, États et industriels ne cachent plus leur appétit. En octobre dernier, Emmanuel Macron s’est dit prêt à passer à table : « Nous avons dans nos zones économiques exclusives la possibilité d’avoir accès à ces explorations, qui est un levier extraordinaire de compréhension du vivant, peut-être d’accès à certains métaux rares, de compréhension du fonctionnement de nouveaux écosystèmes, d’innovation en termes de santé, en termes de biomimétisme », a précisé le président de la République lors de la présentation de son plan France 2030. Ce plat ne figure pourtant pas au menu du One Ocean Summit, qui s’ouvre ce mercredi 9 février à Brest. Peur de l’indigestion ?
« Les fonds marins, entre 1 et 6 km de profondeur, sont constitués de plaines abyssales, mais également de monts, de failles, explique François Chartier, de Greenpeace. On y trouve notamment des nodules polymétalliques, des sortes de patates concentrées de minerais, et des cheminées hydrothermales, qui recèlent du cobalt et de terres rares. Tous ces métaux intéressent beaucoup l’industrie des batteries. » Véhicules électriques, mais également éoliennes, sont en effet gourmands en minerais, au point qu’il faudrait quadrupler les besoins en minéraux pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris.
Psychropotes longicauda sur un champ de nodules polymétalliques. Wikimedia Commons/CC BY-SA 3.0/Philweb
La pression s’accroît donc, et bien que l’exploitation commerciale en eaux profondes n’ait pas encore commencé, vingt-neuf permis d’exploration ont d’ores et déjà été accordés à des pays tels que la Chine, la Corée, le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne et la Russie. « Ces contrats d’exploration couvrent une surface de 1,3 million de km2 de fonds marins profonds, comptabilisait, en 2020, la Coalition pour la conservation des grands fonds marins. Si ces contrats sont convertis en licences d’exploitation, cela créerait la plus grande opération minière jamais entreprise dans l’histoire de la Terre. »
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Éviter des « dommages irréversibles »
Avec des risques non négligeables pour les êtres vivants habitant les profondeurs….
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Auteur: Lorène Lavocat (Reporterre) Reporterre

