Kem One, qui est le numéro 2 européen du PVC, et possède 7 usines chimiques en France, a été accusé en juillet 2020 d’une négligence qui a conduit, le 22 et 23 du même mois, au déversement de 470 tonnes de chlorure ferrique dans la Méditerranée. La fuite venait de son usine, dans le quartier de Lavéra à Martigues, située à 40 kilomètres de Marseille.
La nappe corrosive et colmatante s’est répandue sur une superficie d’environ 16 hectares, avant de couler et de recouvrir les fonds marins.
Selon France Nature Environnement : « Le produit a abaissé le PH de l’eau et a donc été nocif pour les organismes aquatiques. Une forte mortalité piscicole a d’ailleurs été constatée. Une nappe de couleur jaune brune était visible jusqu’à Ponteau, de nombreux dépôts de chlorure ferrique ont été observés sur le littoral et l’eau a été fortement perturbée. De nombreuses algues mortes se sont échouées sur les rives littorales. »
Les herbiers de posidonie, en forte régression depuis plusieurs décennies, ont été couverts de cette couche de chlorure ferrique. Le rejet a provoqué la mortalité des algues brunes, rouges, gastéropodes et échinodermes. Un Fou de Bassan, un oiseau des mers, espèce fragile et protégée, a eu ses ailes brûlées et a été retrouvé mort, quelques jours après l’incident, avec un taux de fer important. Or, un seul couple de fous de Bassan niche en Méditerranée.
Selon l’ONG Robin des Bois, spécialisée dans la surveillance des sites industriels et de la criminalité environnementale, l’alerte avait été donnée à 23h41, mais la fuite de chlorure ferrique n’avait été stoppée qu’à 10h le lendemain matin.
Le réservoir de stockage de chlorure ferrique à l’origine de la pollution était rouillé et fissuré, et les cuvettes de rétention censées contenir la fuite n’étaient pas étanches. Kem One a prétendu devant le tribunal que la corrosion du bac était…
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Auteur: Maïté Debove

