L'ingénieur, le désert et la politique

La semaine dernière, nous avons accueilli Olivier Lefebvre, ingénieur et déserteur, pour discuter de cette étrange classe (les ingénieurs), des doutes qui l’assaillent (pour certains) et de la possibilité de bifurquer, y compris depuis une cage dorée. Alors que nous nous apprêtions à boucler l’édition de cette semaine, nous avons reçu in extremis ces notes et impressions de Luki Fair : il a détesté l’entretien et nous explique pourquoi.

Interview d’Olivier Lefebvre dans lundi matin : « sortir les ingénieurs de leur cage ». A écrit Lettre aux ingénieurs qui doutent, sorte de développement personnel à destination des élites.

Accompli une moralisation et individualisation (deux revers d’une même pièce) complètes de la politique. Son but : que les ingénieurs « ne fassent plus de mal ». Un impératif moral pourrait-il nous « sauver » d’un système qui a inventé la morale pour camoufler sa vérité ? Ultime rappel avant auto-destruction de l’appareil : la morale n’a jamais résolu aucune question politique que pour les dominants. La morale est ce qui dépolitise et déresponsabilise. La morale chrétienne, enfin, est notre ennemie. Si c’est pour que les ingénieurs se fabriquent une meilleure image d’eux-mêmes, on appelle ça un ego, dispositif très agissant dans la sphère politique, en particulier chez l’homme cis-het blanc. La désertion semble partie d’un mauvais pas.

Dans « désertion » il y a désert, associé ici à la « cage » dans laquelle les ingénieurs seraient enfermés. Ce champ lexical nous plonge dans un autre problème majeur, éternel, de (l’ingénieur) cis blanc : l’orientalisme. C’est la fiction de l’ailleurs enchanté qui fait tenir l’ingénieur dans sa vie-de-mort. Lui est mort mais il y a un ailleurs qu’il peut toucher du doigt, souvent incarné par une femme, censée être restée en relation avec le « monde réel » et sa sensualité, appelez ça…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

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