On démarra avec le fusil, en bandoulière, puis en joue,
on finit par un sabotage, pas même un explosif, juste une tentative
de bousiller le matos de l’Ennemi, réduit à sa propriété, à son art
de manipuler, son agit-prop à lui, sa pub bombardée sur
sa clientèle à chaque seconde, à toute heure anéantie.
Ne reste que Demain le feu,
puisque désarmés, même pas frontal même à l’oblique
on se paye les keufs, très cher,
ils ne sont pas donnés les salauds, le kilo de viande,
l’œil, la joue, le cul, la noyade, tout y passe, en monnaie de leur pièce.
On rappelle l’ancêtre – « il faut les tuer, pas moyen autrement,
c’est-à-dire les buter, c’est-à-dire la guerre légitime-défense-attaque
contre l’Ennemi, sa violence illégitime,
écrasante, démesurée, incommensurable,
exterminatrice, et encore il n’a pas tout donné, il lui en reste,
et les servants aspirent aussi ».
On referme le livre, on sort à poil dans la rue
avec des allumettes.
L’Époque se mord la queue.
Car en face, les plus voraces carpettes veulent un Ordre juste,
enfin apaisé sous la dictature Nationale,
sous l’effusion ordinaire du sang ordinaire,
police et auxiliaires, les balles et les coups,
et ils trouvent l’Ordure incarnée, là Maintenant, qui les fusionne,
les galvanise, hystérise, électrise, selfise,
râles de foutre et hurlements d’ovaires,
spectres frustrés compressés idolâtres,
entre BD Musclor et séries Gore en string.
Dévoreurs d’images exécrées, lacérées à jouir.
Porno-police, milices mi-flics, pleins flics nervis.
Civils si vils, matons de quartier.
Canon d’ivrognes musclés du béret, du pinard dans les veines.
Ils ont compris, ont répondu à l’appel
des « voisins vigilants »,
il y a des crimes salutaires à commettre,
des milices vertueuses à ériger en remparts contre l’abjecte,
ils sont prêts, ils cognent déjà, tirent, et l’Ordure n’y voit rien à redire,
la brutasse normale, banale quoi : « ils n’avaient rien à faire…
Auteur: dev

