L’intelligence artificielle au cœur du contrôle migratoire en Europe

Des caméras qui analysent les visages pour repérer un mensonge, des algorithmes capables de prédire les flux migratoires, ou encore des chatbots (agents conversationnels, N.D.L.R.) chargés de déterminer la provenance d’un demandeur d’asile d’après son accent : ces outils ne relèvent pas de la science-fiction.

Le 3 octobre dernier, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe – organisation internationale rassemblant 46 pays –, dans sa résolution 2628, a reconnu « le potentiel de transformation de l’IA [intelligence artificielle, N.D.L.R.] dans la gestion des migrations » tout en soulignant que « l’innovation technologique ne doit pas se faire au détriment des droits fondamentaux ».

De son côté, l’Union européenne (UE) n’a pas attendu ce texte pour expérimenter des systèmes d’IA néfastes à ceux-ci. Principale utilisation de l’IA en la matière, la reconnaissance faciale a été testée en Italie, en Hongrie, en Grèce et en Lettonie. « Ce sont les tests de détection des émotions ou réactions qui analysent les mouvements du visage dans le but de détecter les réponses fausses, un comportement suspect et voir si la personne ment, explique Tania Racho, docteure en droit européen et juge-assesseure à la Cour nationale du droit d’asile (CNDA). Cela s’est révélé hautement problématique. »


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Le projet iBorderCtrl, financé dans le cadre du programme européen Horizon 2020, incluait un système de détection automatique du mensonge (ADDS). Gabrielle du Boucher, chargée de mission numérique, droits et libertés à la direction de la promotion de l’égalité et de l’accès aux droits pour le Défenseur des droits, mettait ainsi en garde

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Auteur: Julie Kermarrec

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