L’Intelligence artificielle comme nécrotechnie.Vers un dépassement des limites informationnelles anthropologiques.
[Cet article a été écrit durant une bonne partie de l’été, il est donc un peu long et dense Initialement il s’agissait, à partir de l’attaque de ChatGPTSol contre HuggingFace, de construire un modèle de 11 limites informationnelles anthropologiques en train d’être dépassées. D’autres actualités estivales autour de l’IA sont venues compléter le point de départ de mon raisonnement. La première partie de l’article met en récit et en perspective ces péripéties estivales ; la seconde partie présente mon modèle des 11 limites informationnelles anthropologiques. Bonne lecture.]
21 Juillet 2026. Ce que la science-fiction travaille comme scénario premier de toute la littérature sur un possible soulèvement des machines, c’est à dire une intelligence artificielle confinée qui s’échappe, se connecte au réseau, devenant autonome et accomplissant différents actes de piratage en devenant – temporairement – hors de contrôle, ce scénario s’est produit le 21 Juillet 2026. Et c’est un communiqué de presse de la société OpenAI qui le raconte. Littéralement. Un de leurs modèles, ChatGPTSol, était supposé effectuer différentes tâches, en étant confiné dans un « bac à sable ». Problème : ce modèle a identifié une faille de sécurité, est sorti de son bac à sable, s’est connecté au réseau (internet), et a attaqué d’autres sites (là encore en identifiant des failles de sécurité) pour récupérer les données lui permettant de réussir son test.
En réfléchissant à cela on peut évidemment encore tenter de s’abriter derrière le consolant argument d’un possible storytelling destiné à doper, comme ce fut souvent le cas, l’économie des prochains tours de table : un « regardez comme c’est terrifiant » qui ne serait destiné qu’à convaincre les investisseurs…
Auteur: Olivier Ertzscheid
