L’intersectionnalité en prise avec la convergence des luttes

Il existe dans la nature une fameuse équation qui affirme que « moins par moins égale plus ». Mais que devient cette équation lorsqu’elle est appliquée au réel ? Aujourd’hui, l’intersectionnalité, définie comme l’imbrication des systèmes d’oppressions de genre, de race, d’identité sexuelle ou de classe, est souvent remise en question dans l’espace public par les catégories dominantes, qui la jugent dangereuse et séparatiste. Si elle est reconnue au sein des différentes instances militantes contre les injustices, elle n’est toutefois pas synonyme de convergence des luttes.


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On peut en effet observer que ce concept, théorisé par des universitaires et souvent utilisé comme un modèle idéal des luttes, n’arrive pas à s’incarner pleinement au sein de celles-ci. Car, dans une société où tant de minorités n’ont pas la parole, il est difficile de leur demander de la prendre systématiquement ensemble.

Ainsi, lorsque Judith Godrèche sortit son court-métrage Moi aussi dénonçant les violences sexistes et sexuelles, on fit le constat d’un cruel manque de diversité et on lui reprocha d’invisibiliser les femmes racisées. Mais alors, qu’aurait-elle dû faire ?

L’appel à participer au film avait été lancé spontanément à celleux qui lui avaient écrit, s’étaient identifié·es à elle. Aurait-elle dû spécifiquement chercher des personnes racisées au sein des témoignages ? Lancer un appel plus large en constatant ce manquement et organiser une deuxième journée de tournage ? Aurait-elle eu le soutien financier pour le faire ? Aurait-elle dû demander aux personnes racisées présentes sur le tournage de se mettre en avant ou composer elle-même l’affiche du film ?

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Auteur: Juliette Smadja

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